Le Horla et autres récits fantastiques de Guy de Maupassant

Publié le par Sharkie343

Éditions Le Livre de Poche 2010 (Classiques). 381 pages.

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«Ce volume de récits fantastiques, pour la plupart écrits de 1882 à 1887, Maupassant ne l'a pas lui-même composé. A les lire à la suite, rassemblés selon leur ordre de publication, on comprendra mieux cependant que le fantastique est une constante de l'oeuvre - et qui est apparue très tôt : contrairement à ce qu'une certaine légende a fait croire, Maupassant, bien que la folie l'ait terrassé à la fin de sa vie, n'a pas écrit sous sa dictée.
Mais s'agit-il vraiment de fantastique ? Rien de surnaturel ici, ni de merveilleux. Mais des histoires qui font place à l'angoisse et à la cruauté, à la folie et à la peur, à la division de l'être qui s'analyse avec lucidité. Le génie de l'auteur est alors de rendre son lecteur captif, d'agir sur sa conscience et de lui faire croire avec naturel et simplicité que ce fantastique intérieur, cohérent et logique, est aussi la vie ordinaire, mais devenue soudain étrange».

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Je n'ai pas vraiment lu beaucoup de classique auparavant. C'est parce qu'on me l'a conseillé en m'assurant que le style de Maupassant était très moderne que j'ai bien voulu tenter le coup. En effet, la plume de cet auteur l'est beaucoup et je l'ai très aimée jusqu'à un point que j'envisage de lire d'autres auteurs fantastiques de ces temps-là : Edgar Allan Poe et Ivan Tourgueniev me font de l'oeil. Parlant fantastique, dans ce recueil, le surnaturel est abordé d'une tout autre manière que de nos jours. Sans vampire, loup-garou, zombie, fée ou toute autre créature du genre, l'impossible est tantôt une philosophie, tantôt un phénomène unique et bouleversant. À travers les différentes nouvelles, l'étrange est banalisé. La folie est bien là, mais nos narrateurs ont toujours cette lueur de lucidité malgré tout et voilà le talent de l'oeuvre. Tous ses personnages abordés étaient tous intelligents et ont bien démontré que la peur n'est pas qu'un mot de 4 lettres, c'est beaucoup plus.

 

Pourtant, je n'ai pas été effrayée durant ma lecture. Je me suis tout de même abstenue de lire seule le soir, par crainte de l'être. J'ai plutôt été intriguée par le mystère qui régnait. L'époque donnait un cachet à cette ambiance et j'ai trouvé que ce livre était superbement adéquat pour découvrir le 19e siècle. Je me suis plu à voyager partout en France et dans ses alentours, voyant Paris de jour et de nuit d'un nouvel oeil chaque fois. Ou tout simplement visiter les demeures de nos conteurs, les images étaient riches. D'ailleurs, grâce à la collection Les Classiques de Poche, j'ai eu l'occasion d'en apprendre plus également sur la vie de l'auteur, car ils y sont allés fort sur les notes de bas de page, l'introduction et les annexes. J'ai apprécié ces dossiers sur Maupassant et la folie de ses écrits, ces études sur Le Horla, je me suis sentie cultivé en le lisant haha!

 

Pendant que j'évoque Le Horla, j'ai été ravie d'enfin l'apercevoir vers le deux tiers du volume. Cependant, mon avis n'est pas encore arrêté sur ce dernier : ça ne m'a pas marqué, ni déplu, ça reste mitigé puisqu'il est au même niveau que les autres textes. Tant qu'à mettre des nouvelles sous le spot, évoquons Berthe, l'histoire d'une fille au trouble mental, restée muette. Son docteur lui ayant appris avec beaucoup de patience à lire l'heure, elle en devenue folle lorsque le mari qu'on lui lança la fuyait et ne revenait plus aux temps raisonnables. Je n'ai aucune idée du pourquoi, mais cette pauvre dame, elle, m'a marqué. Sinon, il y a L'Homme de Mars que je tiens à nommer aussi, pour une raison moins agréable, c'est le récit que j'ai le moins aimé. Il m'a paru un long texte rempli de chiffres et de donnés scientifiques que je n'ai pas trop compris. Ça traite de la vie extraterrestre ce qui m'a semblé hors norme au répertoire de Maupassant. Ensuite, Solitude, la nouvelle préférée de ma professeur de français, franchement, c'était trop pessimiste pour moi : un homme qui raconte qu'en conclusion, tout le monde est seul, même dans une foule durant 7 pages. Pour ceux que j'ai particulièrement appréciés mais sur lesquels je ne veux pas non plus m'éterniser il y a La Chevelure, Un cas de divorce et L'Endormeuse, mais globalement, tous était assez réussi. Malheureusement, ils sombreront en grande partie dans l'oubli assez rapidement.

 

Toutefois, Le Horla et autres récits fantastiques m'a pris un long moment à lire. C'est l'un des rares recueil de nouvelles que j'ai ouvert et ce manque de continuité ne m'a pas beaucoup motivé. Il est assez volumineux et écrit petit. Je l'ai donc voyagé longtemps et je peux vous dire que mon exemplaire est maintenant pas mal abîmé. J'ai avancé à petite bouchée dans ma lecture de ce domaine qui m'a toujours passionnée : la folie est un sujet inlassable, j'espère devenir psychiatre. En plus, chaque histoire était différente, loin de la redondance. C'est sur une note positive que je conclue ma 6e lecture du challenge ABC.

 

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